From 3 roues vers le monde

Recit: AbelTasman

Abel Tasman et Golden Bay : Nelson – Takaka – Motueka (23 – 31 Décembre)

Vendredi 23 Décembre :

Nous quittons Nelson, mais le trafic lui ne nous quitte pas ! Il n’y a soit disant que 4 millions d’habitants en Nouvelle-Zélande… mais des milliards de voitures ! Comment c’est possible qu’il y en ait autant? Peu importe le lieu, le jour, ou l’heure, le flux est incessant. Sans parler du bruit, on va finir sourds !
Nous en avons appris une belle aujourd’hui concernant le permis de conduire : ici, les leçons de conduite ne sont pas obligatoires, et il n’y a qu’un examen sommaire à passer, avec une boite auto. Et surtout une facture à payer. Nous comprenons maintenant pourquoi nous allons attribuer la palme des pires conducteurs aux kiwis.
Les moutons n’essayent pas de nous écraser, eux, au moins, et sont bien moins bruyants !

Depuis quelques jours, le boitier de pédalier (la pièce fixée dans le cadre, qui contient les roulements) d’Olivier montrait des signes de fatigue, mais aujourd’hui c’est la fin… Il faut s’en occuper d’urgence. C’est une pièce standard du coup, le premier magasin dans lequel nous nous rendons a la pièce en stock. Bonne nouvelle !
Par contre, il est quasi impossible de démonter celui qui est cassé. Tout s’est grippé, depuis 9 mois dans les pires conditions, et c’est normal. Mais avec de la persévérance, ça finit par payer. Nous ne sommes même pas retardés car il aura fallu le même temps à Olivier pour s’occuper du vélo qu’à Audrey pour faire les courses de Noël. Un bon repas, ça prend du temps !
La journée est loin d’être terminée, il nous faut encore aller à Marahau, à un col d’ici ! Nous ne félicitons pas le mécano du magasin de vélo, qui a mal resserré le pédalier. Du coup, il se desserre sans arrêt et Olivier ne peut plus pédaler, super dans un col à 10% de moyenne! Avec nos outils, nous ne réussissons pas à le serrer à fond, et bien sur, personne ne s’arrête pour nous donner un coup de main. Du coup, nous alternons marche, Audrey se met seule en danseuse et arrêts à de multiples reprises pour serrer ce que nous pouvons.
Nous finissons tout de même à arriver au Parc Abel Tasman juste avant la nuit. Nous tentons un dernier resserrage, avant de remiser le vélo pour les trois jours de kayak qui nous attendent.

Samedi 24 Décembre :

La journée commence par un premier challenge : tout faire rentrer dans le kayak. Et nous sommes chargés, matériel de camping, habits, mais surtout nourriture pour trois jours, y compris pour les repas gargantuesques du réveillon de Noël et du 25 midi, plus deux bouteilles de champagne pour arroser tout ça dignement ! Le kayak est assez grand, c’est un kayak de randonnée, et en bourrant bien, tout rentre ! OUF !
Nous partons à la mer confiants, profitant des plages magnifiques de sable ocre, et des oiseaux en pleine pêche. Ces derniers plongent et restent plusieurs minutes en apnée, c’est vraiment impressionnant. Le parc est sublime et ne regrettons pas d’avoir choisi d’y passer noël.

Les choses se compliquent lorsque nous atteignons le « Mad Mile » (1,6km fou). La houle, les vagues et le vent sont contre nous. La progression est quasi nulle malgré la force que nous mettons dans nos coups de pagaie. Les vagues s’écrasent sur notre petite embarcation et nous sommes trempés. C’est donc avec les bras endoloris (ça change des jambes), que nous atteignons un petit camping au bord de l’eau, pressés de préparer notre repas de réveillon. L’ambiance est plus que calme mais ce n’est pas grave, nous fêtons Noël et nos 8 ans ensembles comme il se doit, en faisant sauter les bouchons de champagne !
Nos pauvres voisins sont partis se coucher à 20h, après avoir mangé une soupe de tomate lyophilisée. Pas super pour un réveillon de Noël !

Dimanche 25 Décembre :

Après une grasse matinée et un bon petit déjeuner avec un « gâteau de Noël Néo-Zélandais», ma fois, plutôt très bon, nous repartons en mer sans bagage.

Le vent n’a pas faibli. Nous sommes quasiment les seuls à pagayer un 25 Décembre au matin, et c’est tant mieux car nous pouvons profiter pleinement du spectacle offert par une colonie de phoques. Après avoir visité quelques baies de plus, nous rejoignons notre campement, et faisons un second repas de Noël en tête à tête.

Lundi 26 Décembre :

Nous prenons le chemin du retour vers Marahau. Cette fois c’est beaucoup plus facile car le vent et les vagues sont avec nous. Nous en profitons pour faire un petit détour vers des îles où nous pouvons voir des phoques. A l’approche de l’île grosse discorde :
Audrey : « Vise à droite, c’est là qu’ils doivent être »
Olivier : «  Mais non j’avais repéré la crique sur la carte, c’est juste à gauche »
Audrey : « Non j’en suis sure, ils sont à droite »
Olivier : « Pff n’importe quoi ! »
Audrey : « Bon le vent nous pousse à gauche, on va vite voir et puis on revient ensuite à droite »
Olivier : « OK »\\ Finalement l’île est remplie de phoques de partout !

Lorsque nous ramenons le kayak au point de rendez-vous, la marée est basse et nous assistons à un balai de touristes dans une situation plus qu’originale. Les différentes baies du parc sont desservies par des dizaines de bateaux-taxis. Mais comme la base et le parking ne sont pas immédiatement au bord de l’eau, les bateaux arrivent à fond vers la plage, tandis que des tracteurs avec des remorques s’enfoncent dans l’eau, assez loin pour que le bateau fonce sur la remorque. L’ensemble roule ensuite sur la plage, puis sur la route, avec toujours quelques 20 touristes à bord en gilet de sauvetage. Le tout jusqu’à atteindre le parking où tout le monde est garé. N’importe quoi vraiment !

Mardi 27 Décembre :

Nous avons récupéré un outil qui nous a permis de mieux serrer le pédalier. Nous quittons donc le magnifique parc d’Abel Tasman pour la Golden Bay. Cette immense baie est formée par un grand bras de sable tout au nord de l’île : le Farewell Spit. C’est notre destination, mais c’est aussi un cul de sac, et tout ce que nous allons parcourir, nous devrons le refaire en sens inverse ce qui n’est jamais le rêve d’un cycliste.
Ce n’est pas une petite journée qui nous attend puisque nous devons franchir un vrai col de 800 m de dénivelé en 14 km. Nous sommes maintenant bien plus en forme que lors de nos premières traversées des Andes et passer un col n’est plus qu’une formalité. Une formalité qui fait quand même transpirer . . .
Par chance le pédalier semble enfin serré correctement.

Ce soir nous dormons chez Robert et Cynthia de warmshower.org. Ils sont retraités, ont 6 filles de 8 à 40 ans, ont une magnifique maison dans un très bel endroit avec un potager où l’on trouve de tout. Ils récoltent leurs propres graines, qu’ils sèment. Ils ont 6 chèvres, font leur fromage, boivent leur lait, mangent leur yogourt, ont des toilettes sèches, des poules, des fruits. Ils utilisent leur propre énergie solaire, leur composte, ont une source d’eau dans la colline et une forêt sur le terrain pour le bois. De quoi survivre à la fin du monde !
Ils sont très accueillants et la soirée est, vous l’imaginez, riche en surprise et très intéressante.

Mercredi 28 Décembre :

Nous partons en direction du Farewell Spit à l’extrême nord de l’ile du Sud. Nous sommes plutôt déçus par les paysages. Rien qui mérite de grimper deux fois un col à 800m, et rien de spécial à raconter, si ce n’est qu’on est en train d’étudier notre itinéraire pour l’Asie, de quoi nous occuper !

Jeudi 29 Décembre :

Nous avons vu que la pluie revenait cet après-midi. Nous plions donc notre campement alors que le camping est toujours endormi. Malheureusement, lorsque nous nous mettons en selle, il pluviote déjà.\\ Une magnifique chouette nous attend à un mètre de la route, perchée sur le poteau d’une barrière, vraiment superbe.
Nous revenons vite à la réalité, des trombes d’eau s’abattent sur nous, et les voitures, une fois de plus, complètent la douche en passant tout prêt. C’est donc en à peine plus de 2h que nous faisons les 45km qui nous séparent de Takaka.
A 11h30, nous sommes à la bibliothèque, un des rares endroits en Nouvelle-Zélande où nous pouvons bénéficier d’une heure d’internet par personne gratuitement et donc mettre nos récits en ligne !
Puis, nous sommes attendus chez Robert et Cynthia, et heureusement ! Au vu de toute l’eau qui tombe, on n’aurait pas aimé être sous la tente. Pourtant tous les campings sont pleins : ici c’est l’été et la semaine entre Noël et Jour de l’an est la plus chargée !
Nous faisons quelques courses pour préparer de bonnes crêpes pour toute la famille !

Samedi 30 Décembre :

La pluie est vraiment trop forte : 150mm en 24h, du coup on reste à l’abri ! Une accalmie est prévue pour la mi-journée, et nous pensons que nous pourrons partir vers midi. Mais non, certaines routes commencent même à être fermées, les glissements de terrains étant extrêmement fréquents ici.
Finalement, heureusement que nous ne sommes pas partis, car quand nous nous couchons à 22h30, il pleut toujours.

Dimanche 31 Décembre :

La pluie tombe toujours, mais moins fort, du coup nous nous mettons en selle. Il nous faut moins d’une heure pour être totalement trempés. Nous attaquons le col, franchi mardi, dans l’autre sens cette fois. Ce côté est encore plus raide, et nous sommes sous des trombes d’eau. La journée est plus que désagréable et nous finissons dans un camping, où nous pouvons nous préparer un bon filet-mignon en croute aux pruneaux. Dommage, notre bouteille de « champagne » est bouchonnée ! On nous avait bien dit lors de notre visite des caves de Nouvelle-Zélande que le liège d’ici ne donnait pas de bons bouchons et que les bouteilles étaient souvent bouchonnées!\\ Du coup, le 31 décembre à midi (heure française), nous vous souhaitons une BONNE ANNEE 2012, OOUHOUU !!



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