From 3 roues vers le monde

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Dernière ligne droite : Koh Chang - Bangkok ( 20 – 28 Juin )

Mercredi 20 Juin :

Il est temps de nous élancer dans la dernière ligne droite qui va nous mener à Bangkok.
La mauvaise nouvelle, c’est qu’Audrey a toujours tous ses points et ses pansements et qu’il lui est déconseillé de pédaler. La bonne nouvelle c’est que ça va quand même mieux.
De toute façon aujourd’hui, nous quittons l’île de Koh Chang. Il n’y a « que » 35km à parcourir jusqu’à Trat, dont le fameux col bien raide, et la traversée en ferry. Audrey prend la navette, avec les bagages et Olivier s’élance seul sur le tandem. Nous nous retrouvons sans encombre à la Guest House de Trat, où nous étions restés il y a une semaine.
L’avance que j’ai prise sur Olivier me permet d’aller au marché où je trouve une multitude de plats cuisinés, qui ont tous l’air aussi bons les uns que les autres. De quoi rassasier l’appétit d’Olivier après sa petite étape solitaire !

Jeudi 21 Juin :

C’est la première journée sans hôpital depuis la chute et les premiers tours de pédales aussi. Le temps de faire les quelques kilomètres jusqu’à la gare routière. Les croutes du genou et du pied tiraillent encore.
Audrey va à Chanthaburi en bus avec les affaires et Olivier se charge d’amener à la force de ses jambes le tandem à destination. Ca nous fait bizarre de nous séparer, il faut dire que ça n’est pas beaucoup arrivé ces 16 derniers mois !
Les retrouvailles ne sont pas une réussite : Olivier galère à trouver la Guest House où nous nous sommes donné rendez-vous, il faut dire qu’elle n’est pas très bien indiquée. Et Audrey se fait complètement arnaquer par un taxi qui la laisse loin de la Guest house avec toutes les affaires : la remorque sans sa roue, les sacoches et le sac-à dos. On n’est pas habitués à gérer ce genre de galère d’habitude, c’est tellement plus facile et moins contraignant avec son propre moyen de locomotion, qui porte en plus tous les bagages ! On ne se rend pas toujours compte de la liberté qu’on a lorsqu’on voyage à vélo !
Nous passons notre soirée au marché nocturne, où nous nous régalons de l’ambiance si particulière et de la multitude de produits locaux… et Occidentaux : rouleaux de printemps frits, gaufres jambon/fromage, noix de pécan, chocolat, crêpes aux cacahuètes, poulet frit, châtaignes, ananas, ce n’est pas l’appétit qui manque.

Vendredi 22 Juin :

Ce matin, Audrey a RDV à l’hôpital, et nous nous y rendons à vélo. Le diagnostic est plutôt bon : les points de suture au menton ont cicatrisé donc plus de pansement.
Plus de pansement non plus pour la main et le pied pour que tout finisse de sécher tranquillement.
Demain je reprends le vélo, yessssssssssssss !!
Je suis contente et Olivier aussi, il s’ennuie un peu tout seul sur le tandem ! Mais bon aujourd’hui il faut tout de même avancer et la prochaine ville est à 110 km… Le chauffeur de bus nous ennuie autant que possible pour les bagages, mais nous n’avons pas trop le choix. L’après-midi d’Olivier n’est pas très marrante : vent de face et paysages sans grand intérêt.
Nous nous retrouvons 5h plus tard à la gare routière, content d’en avoir fini avec le bus !

Samedi 23 Juin :

Ce matin il y a un préparatif de plus dans le rituel habituel : mettre de la vaseline sur la croute du genou pour la ramollir et qu’elle ne craquelle pas.
Les premiers coups de pédales sont douloureux mais supportables. Le pied n’étant pas assez cicatrisé, Audrey pédale avec une tongue et une chaussure de vélo… La touche ! Pas de casque non plus à cause du menton : croisons les doigts pour que tout se passe bien.

Après avoir bien ri de tout ça et bien lutté contre le vent, nous apercevons enfin la mer, puis les buildings de l’immense station « sexuello-balnéaire » de Pataya. Tout est démesuré, des immenses hôtels à l’architecture complexe, aux bateaux de plaisance, en passant par l’abdomen des vieux touristes occidentaux et les décolletés de leurs petites amies tarifées. Dans ces conditions, nous ne pouvions que nous offrir un buffet barbecue à volonté ! Notre pêché à nous.
Cette ville est plutôt amusante, à condition d’avoir un peu de temps à perdre à observer le petit manège des filles et de leurs clients…

Avec 40 jours passés en Thaïlande, nous sommes formels sur la différence entre les deux pays. En France la prostitution se résume à une relation sexuelle tarifée, ici c’est carrément une vie de couple qui se monnaye.
Cet aspect de la Thaïlande est en tout cas beaucoup trop présent à notre goût.

Dimanche 24 Juin :

Après avoir pris le temps de s’offrir un petit bain (de soleil pour Audrey, de mer pour Olivier) sur l’immense plage de Pataya, nous repartons.

Une simple halte nous aura suffi, malgré l’enthousiasme que présentent certains touristes en nous affirmant qu’il faut rester plus longtemps ici. La route nous rapproche chaque jou un peu plus de notre destination finale : Bangkok.\\ Nous nous arrêtons à Chon Burri. Nous pensions trouver l’équivalent de Pataya, mais nous nous sommes trompés. Le front de mer est marécageux et ragoutant, et pas un grain de sable. La ville n’a d’ailleurs rien d’une station balnéaire. Un seul hôtel sérieusement insalubre et un important marché où nous sommes les seuls touristes sont les seules commodités proposées. Dire qu’on espérait aller à la plage ce soir voir un beau coucher de soleil !

Lundi 25 Juin :

Le lever du soleil ce matin annonce les derniers kilomètres de notre voyage (hormis les kilomètres en France de la semaine prochaine bien sur). Nous sommes bien tristes et nous ne réalisons pas bien que dans quelques jours ce mode de vie qui nous convient si bien ne sera plus qu’un souvenir.
Le bruit et le trafic de cette énorme autoroute à 2*8 voies sur laquelle nous roulons nous empêchent un peu d’y penser. Bangkok c’est une agglomération énorme avec plus de 10 millions d’habitants. Les habitants ont un niveau de vie suffisant pour posséder leur propre voiture, le tout dans un espace limité, l’autoroute a donc été construite sur deux étages, l’une au dessus de l’autre, avec 2*3voies chacune. Au dessus l’autoroute rapide et payante et en dessous celle avec toutes les entrées et sorties, gratuite. En parallèle de chaque coté 2 voies de circulation sont là pour la desserte locale. Le résultat est assourdissant.
Petit répit dans ce monde de brutes, un éléphant descend devant nos yeux d’un camion pour aller se dégourdir les jambes dans les rues environnantes. Et oui, on reste malgré tout en Thaïlande !

C’est dans cette cacophonie fatigante, qui demande une attention de chaque instant et où nous devons crier pour nous entendre, que nous atteignons notre destination finale : l’aéroport de Bangkok.

Mardi 26 Juin :

Nous partons en métro au centre ville afin de terminer la visite de cette mégalopole que nous avions entamée il y a 4 mois. Cette fois nous nous promenons le long de la rivière et des canaux qui valaient autrefois à la ville l’appellation de « Venise de l’Est ».

Nous passons ensuite par le marché, où nous avons passé tant de temps ces derniers mois.

Puis nous nous promenons dans les ruelles de la ville. Il est bientôt l’heure de rentrer, mais il n’y a plus de transports en commun et nous arrêtons un tuk-tuk. Après quelques négociations, il nous propose une course à bon marché :
« - Par contre je vous dépose dans un magasin de costars et vous faites mine d’être intéressés pendant au moins 10min. Ils m’offrent le plein si j’amène des clients… » Et nous voilà partis, en train de faire la comédie et de négocier le prix d’un costume que de toute façon nous ne prendrons pas… Voilà une scène bien folklorique et tout de même un peu embarrassante. Dix minutes plus tard nous ressortons et notre chauffeur a gagné son coupon pour un plein gratuit. Quel trafic !
En rentrant nous faisons une petite escale par LE magasin de vélo de Thaïlande qui nous fournit deux beaux cartons de vélo… quelle galère pour ramener tout ça à notre hôtel !!!!
Enfin nous sommes prêts pour la journée d’emballage de demain, le moment que nous appréhendons toujours.

Mercredi 27 Juin :

Le petit rituel est bien rodé. Audrey prépare les deux colis de 23kg avec toutes nos affaires pendant qu’Olivier démonte tout le vélo… Cette fois par contre c’est la dernière. SNIF.
La petite surprise, c’est que nous avons essuyé une énorme tempête de pluie il y a quelques jours et que nous découvrons que la remorque n’est plus très étanche… certaines de nos affaires, compactées au fond de la remorque ont complètement moisies. Il nous faut donc courir en catastrophe à la laverie !
Nous finissons donc d’empaqueter après les douze coups de minuit !

Jeudi 28 Juin :

Le marathon aérien commence à 4h avec cette douce sonnerie du réveil. A 5h nous partons vers l’aéroport, à 9h30 nous décollons direction Moscou où nous atterrissons à 19h30. Nous récupérons tous nos bagages et réenregistrons tout pour décoller à 22h20 en direction de Milan. Cet enfer se termine à 2h05 à Milan, où par le miracle du décalage horaire il n’est que 21h05. Encore quelques dizaines de minutes pour installer notre campement dans un coin de l’aéroport (encore merci à Mac Do pour ses banquettes confortables) et nous pouvons somnoler, parce que ce n’est malheureusement pas fini.

Vendredi 29 Juin :

Le réveil sonne à 5h mais de toute façon nous étions à peine assoupis, pas facile de dormir avec des projecteurs au dessus de la tête et l’inquiétude pour les bagages entassés à nos côtés. Nous nous dirigeons vers les bureaux d’enregistrement. L’hôtesse tique à la vue de notre tandem… aïe… mais par chance nous avons au préalable obtenu une autorisation de la part d’Air France pour transporter le tandem… Nous posons ce dernier sur le tapis roulant des bagages volumineux, pour le dernier vol de ce voyage.
L’heure est venue d’embarquer à bord d’un minuscule avion, or il y a un petit souci avec le chargement des bagages : le tandem est si imposant qu’il ne rentre pas dans la soute… Il faut donc ressortir TOUTES les valises de tous les passagers, mettre le carton du tandem en diagonale en le compressant de toutes parts. OUF, il est rentré… sauf que les valises elles ne rentrent plus ! Elles sont bourrées dans tous les recoin de l’avion ou sur les sièges libres… une grosse galère et une belle pression pour les membre de l’équipage.
Nous aussi nous avons le cœur serré lorsque nous nous envolons direction la France et plus précisément Marseille, pour les grandes retrouvailles !

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